Joseph Gavroye, le chantre de Regné

Joseph Gavroye, un enfant de Regné (voir section sobriquets : « A mon T'chophile ») n'était pas chantre de l'église de Regné. Ce surnom lui a été attribué en reconnaissance pour tout ce qu'il a écrit sur la Haute Ardenne de son époque et particulièrement durant la dernière guerre mondiale.

S'il a été surnommé le « Chantre de l'Ardenne » il a surtout été le « Chantre de Regné » tant il a aimé son village et tant il a écrit à son sujet et au sujet de l'Ardenne. Il est l'auteur de nombreux livres, extraits de presse, papiers et autres souvenirs qu'il a publiés ou qu'il a simplement écrits pour sa famille ou ses amis.

Joseph nous a malheureusement quitté fin 2016. Joseph avait le mérite d'être très prolixe sur sa région et sa mémoire ne lui faisait pas défaut en ce qui concerne les mille et une anecdotes qui ont marqué sa vie. Nous en reproduisons quelques extraits dans ces pages.

Victor Denis, Joseph Gavroye et Gaston Laurent — les amis d'alors
Victor Denis, Joseph Gavroye (au centre) et Gaston Laurent — les amis d'alors. Ces trois-là sont restés liés jusqu'au bout : ils se retrouvaient chaque année en couple pour leurs traditionnelles « retrouvailles ».
Joseph Gavroye devant le fortin des Fagnes
Joseph Gavroye devant le fortin des Fagnes (25 août 2010)

Vie de village

Au temps des enfants de chœur en Haute Ardenne

« Au XX° siècle, dans notre haute Ardenne, les garçons en âge d'école primaire servaient le curé pendant la messe.

C'était presque un honneur de s'habiller avec une robe soit rouge, soit noire, suivant la circonstance, plus un surplis blanc et un col à la couleur de la robe utilisée.

A l'époque, ce rôle était uniquement réservé aux garçons. Les filles y arriveront plus tard.

Lors des cérémonies exceptionnelles telles enterrements, mariages, etc., c'était l'enseignant qui désignait les élèves pour assurer le service.

Dans l'ensemble, l'acolyte, en plus de servir le prêtre, avait aussi la charge de faire sonner les cloches. A cette occasion, certains en profitaient pour tirer la corde au maximum vers le bas. La cloche mise en branle regagnait sa place en tirant la corde vers le haut. Les plus adroits s'agrippaient à la corde et remontaient jusqu'à un certain niveau avant de se laisser glisser vers le bas ; c'était tout un art !

Durant la semaine sainte, les cloches ne sonnaient pas et les acolytes allaient de maison en maison pour annoncer l'heure des offices à l'aide d'une crécelle. En récompense, le samedi saint, la sonnerie des cloches étant rentrée dans l'ordre, les braves acolytes récoltaient les œufs de Pâques à l'aide d'une manne en vue de se les partager. C'était une récompense !

Il faut dire aussi que des processions étaient organisées à certaines occasions. C'est une affaire presque oubliée de nos jours.

Voici une petite anecdote personnelle.

Pendant la guerre 1940-1945, j'avais environ 12 ans. Le curé avait pour mission, entre autres, de porter la communion aux personnes âgées ou malades à leur domicile. Je fus désigné un jour pour accompagner le curé. Je devais pour ce faire agiter une sonnette d'une main et porter une lampe tempête allumée de l'autre. Chemin faisant, on entendit des pas de chevaux au loin, sur la route nationale. L'aube se levait à peine. Le curé m'intima l'ordre d'éteindre la lampe vu que c'était interdit par l'occupant. Il s'agissait d'une escouade de soldats allemands. Comme je n'arrivais pas à éteindre la lampe en question assez rapidement, le curé expédia l'engin d'un coup de pied magistral. Arrivés à hauteur des germains, ces derniers arrêtèrent leurs montures et portèrent la main à la casquette pour saluer notre entreprise avec respect.

Notre mission accomplie, nous devions retrouver la fameuse lampe et après moult recherches, nous la récupérions dans un bosquet d'orties. Elle était inutilisable vu le choc qu'elle avait dû encaisser. C'était la guerre et il fallait se débrouiller à certaines occasions. »

Joseph Gavroye

Le temps de Pâques de mon enfance

Enfants, on nous faisait croire que les cloches partaient à Rome pendant la semaine sainte !! Donc, pas de sonnerie au départ des clochers.

Dès le mercredi des cendres, plus de musique non plus pendant les offices. C'était le calme et la prière…

A l'époque (1930/1940), les gens des campagnes fréquentaient toujours les églises avec assiduité. Bien que les cloches ne fonctionnaient pas, il fallait avertir les croyants-pratiquants de l'heure des cérémonies. Le silence des cloches était alors corrigé par un autre système.

En effet, nous les acolytes (7 à 14 ans) en vacances de Pâques, nous devions assurer les horaires des messes à l'aide d'une crécelle. C'est-à-dire, équipés d'un moulinet tout en bois composé d'un rouleau à crans (genre d'engrenages) fixé dans un boîtier se terminant par un manche court à son extrémité. En actionnant ce dernier, l'ensemble tournait sur lui-même. Une planchette fixe était adaptée pour se frotter au rouleau denté et par ce mouvement circulaire un bruit strident était émis. Entre nous, on appelait l'engin en question « tarata ». Il y avait lieu d'aller annoncer la chose de maison en maison. Le travail était réparti entre équipes de 2 à 3 « tarateurs ». Les gens étaient avertis de l'heure exacte des offices. Cette besogne était réalisée 2 à 3 fois par jour du mercredi des cendres au samedi saint au matin.

Pendant la messe du samedi, les cloches étaient, en principe, rentrées de leur « voyage ». Dès que l'on entonnait le chant du Gloria, toutes sonneries étaient mises en branle, allant de la clochette agitée par un acolyte jusqu'à la sonnerie des cloches dans le clocher. De même l'organiste relançait la musique pour accompagner les chants. C'était la Résurrection.

A l'issue de l'office, les « tarateurs » se regroupaient et, à l'aide d'une clochette moyenne, ils signalaient leur passage en allant, tous ensemble, de maison en maison. Ils portaient aussi une grande manne en osier afin de récolter des œufs de Pâques et accepter quelques pourboires. C'était bien là une récompense pour les déplacements des jours précédents.

Vers midi, la tournée de ramassage terminée, le groupe se rendait au presbytère où le curé présidait au partage du « butin ». Chacun rentrait chez lui avec son lot d'œufs ainsi qu'une menue monnaie et satisfait du travail accompli.

Le lendemain, c'était Pâques et d'autres occupations étaient prévues pour le service à l'autel.

P.S. Après le « taratage », on rentrait à l'église pour servir à la messe. On prenait soin de garder la crécelle à portée de main. De temps à autre un « loustic » faisait faire un petit tour au rouleau. Le son se répercutait dans l'édifice ce qui dérangeait le curé. Ce dernier cherchait le coupable mais tout le monde était figé comme un saint. C'était de l'enfantillage… Hélas ces temps sont révolus.

Joseph Gavroye, avril 2012

Un facteur « auxiliaire »

Que la Poste a bien changé en quelques décennies. En effet, en son temps, le facteur de campagne avait la tâche de distribuer le courrier de village en village. Il devait, pour ce faire, se déplacer à pied accompagné d'une canne. Il portait attaché à une grosse sangle en cuir passant à travers les épaules un immense sac de même nature rempli de courriers en tous genres tels journaux, cartes postales, lettres diverses, etc. Heureusement, la publicité était encore plus ou moins absente.

Notre facteur, Edouard Lesenfants, la bonne cinquantaine, avait ainsi la charge du courrier destiné à Regné et à Fraiture. Il était en route par tous les temps. Cela se passait fin des années 1930, début 1940. Nous habitions une des dernières maisons du village de Regné, en face de la voie de Fraiture (lu voye du Fraîture), chemin en terre battue.

A l'époque du Nouvel An, le brave facteur, en plus de relever la boîte aux lettres publique fixée au mur d'une maison, il devait aussi accepter les cartes au domicile des villageois afin de regrouper le tout pour l'envoi définitif.

Arrivé chez nous, Edouard était déjà surchargé. Vu que c'était l'époque des vacances de Noël, le brave facteur me confiait toutes les cartes prélevées en me confectionnant un colis. J'étais alors chargé de transporter ce dernier au bureau postal à Hébronval, à environ 2 kilomètres à pied. En récompense, Edouard m'offrait royalement 1 franc belge, pour effectuer la course, cela le soulageait d'un certain fardeau à porter ainsi que pour le bureau dans son travail d'oblitération.

Après avoir bu soit une tasse de café ou un bol de soupe, le facteur continuait sa tournée vers le village de Fraiture. Il y avait parfois de la neige, ce qui ne facilitait pas les choses.

De mon côté, grand garçon que j'étais, bien emmitouflé, botté et un béret alpin sur la tête (pas de képi vu que je n'étais pas fonctionnaire attiré), je me rendais à l'endroit prévu pour y déposer le colis précité.

Au retour, je profitais du pourboire qui m'avait été alloué, pour me payer un bâton de chocolat. J'étais surtout intéressé par les images (chromos) à l'intérieur de l'emballage. J'étais déjà un peu collectionneur. Actuellement, à l'âge mûr, j'ai toujours la passion des albums de photos de famille.

En plus de tout cela, une autre récompense m'attendait. A la bonne saison, Edouard de retour de sa tournée, à Fraiture, vers 13 heures, me chargeait sur le cadre de son vélo pour me rendre à l'école située à 1 kilomètre ; c'était en descente. C'était de la solidarité entre deux comparses…

De tout cela, il paraît qu'un règlement était en vigueur. Les facteurs de campagne devaient, en principe, exécuter leurs tournées à pieds. Heureusement certaines ruses étaient mises en pratique par les intéressés. Dans mon village de Regné, par exemple, une famille habitait un ancien moulin isolé de 2 kilomètres environ. Un arrangement était convenu entre l'occupant des lieux et le facteur pour que le courrier soit déposé chez un villageois où il était enlevé au passage de l'intéressé.

Un jour un contrôleur des Postes accompagne le facteur pour faire sa tournée. Cela sera effectué pédestrement comme le voulait le règlement. Le malin facteur, ce jour-là, porta le courrier au domicile éloigné d'où un fameux détour « légal ». Le stratagème avait réussi. Le lendemain, la bicyclette fut à nouveau utilisée. Peut-être autorisée ?

Viendra ensuite au fil des ans le vélo-moteur. Actuellement la camionnette. Peut-être un jour l'hélicoptère sera-t-il d'usage ? En attendant, restons sages…

Joseph Gavroye, janvier 2012

Le temps passé, mon enfance et mon adolescence…

Dans les années 1930, nous venions de quitter le village de Les Tailles pour nous installer à Regné dans la ferme prise en location par mes parents.

Pour ces derniers c’était un peu le dépaysement, quoique…

De nombreux villageois de Les Tailles vinrent leur rendre visite vu que c’était un chemin obligé pour se rendre à Vielsalm, Salmchâteau ou Lierneux où se trouvaient les commerces (quincaillerie, de matériel de ferme, etc) et aussi les médecins et pharmaciens.

Ces anciens voisins de passage arrivaient chez nous pour la plupart à pied, parfois à vélo, en utilisant des chemins de traverse très fréquentés à l’époque. Il y avait aussi la possibilité d’utiliser le vicinal (tramway) Lierneux-Vielsalm. Celui-ci se trouvait à une distance d’environ deux kilomètres de Regné. C’était aussi l’occasion de changer les chaussures ayant servi parfois dans des endroits boueux.

L’accueil typiquement ardennais jouait ainsi son rôle. On offrait la tasse de café qui mijotait dans la cafière sur le coin de la cuisinière. Ainsi le lien entre anciens voisins de village n’était pas tout à fait rompu, bien au contraire.

D’un autre côté, pendant de longs mois des débardeurs en provenance de Les Tailles procédaient au débardage d’une coupe de bois située près de Regné. Ils en profiteront pour loger leurs chevaux dans nos étables pour la nuit. Le contact avec les anciens amis et voisins continuait de cette façon d’exister. C’était une bonne entente, c’était l’amitié et l’entraide…

Deux bûcherons, Edouard Henrottin et son fils Gustave de Dochamp seront aussi occupés pendant un certain temps à l’abattage de gros hêtres et chênes dans une forêt des environs. Étant donné la distance entre leur village et le lieu de travail et vu qu’ils étaient connus de mes parents, il éliront domicile chez nous dans une chambre qui leur était réservée pour se reposer et passer la nuit.

Gamin que j’étais (7 à 8 ans), je profitais pleinement de tous ces contacts entre gens du pays et cela en parfaite symbiose avec tout le monde. J’aimais fraterniser avec mon entourage. Étant curieux de nature, je prenais part à cette franche camaraderie. Un jour, je sollicitais les deux bûcherons pour les accompagner à travers monts et vallées pour rejoindre leur lieu de travail, ce qu’ils acceptèrent. Malheureusement, sur notre chemin coulait un ruisseau dont la hauteur d’eau avait augmenté en cette période hivernale. Un vrai dilemme se posait pour moi : soit me mouiller, soit utiliser des gros cailloux pour franchir le passage à gué sans se mouiller… Le père Henrottin, homme d’une cinquantaine d’années n’hésita pas un instant et me prit à califourchon sur ses épaules pour traverser la rivière et gagner ainsi l’autre rive… La même scène se répéta au retour en fin de journée. J’étais alors fier de raconter l’aventure aux miens en rentrant. Quel bel esprit régnait entre nous tous. L’entraide était de mise à tout instant.

Ces deux braves resteront nos hôtes pendant quelques mois pour accomplir leur travail. C’était deux types courageux. Hélas pour Gustave, fils si doux et si brave, il trouvera la mort en tant que jeune soldat le premier jour de la guerre le 10 Mai 40. Il avait 22 ans, la fleur de l’âge…

Cela se passa le 12 mai 40. Une bataille s’était déroulée dans notre ancien village de Chabrehez. Ce jour-là, mon père s’étant rendu dans le coin pour prendre des nouvelles de deux de ses filles y habitant toujours, il trouvera les lieux vides de tout habitant. En visitant l’endroit où les combats firent rage l’avant veille, il découvrira le corps du malheureux Gustave, tué près de sa mitrailleuse. Ce fût un coup dur pour mon père : un ami tellement considéré de tous de par sa gentillesse et sa bonté…

Gustave sera enterré dans son village de Dochamp par la suite. Triste sort pour ce garçon.

A ce propos, en 2010, soit 71 ans après ces tristes événements, une de ses voisines, lors d’un entretien téléphonique me fera part du triste sort de la tombe de Gustave qui était totalement à l’abandon. J’en fus bouleversé et du coup, j’en parlais au Bourgmestre, lequel n’était pas au courant… Promesse sera faite de donner une suite favorable ce qui n’était que justice pour ce héros local qui avait donné sa vie pour la patrie. Affaire à suivre donc…

En ce qui concerne mon enfance, cadet d’une famille nombreuse (j’avais 12 sœurs !) je fréquentais souvent les adultes.

En 1934 fût créée une nouvelle caserne militaire à Rencheux (Vielsalm) qui allait devenir le fief du 3e Chasseur ardennais. Dès lors, des jeunes recrues procédaient souvent à des manœuvres dans les villages et campagnes des environs. Notre ferme possédait une grande cour carrée au bord de la route nationale et à l’heure de midi, les militaires y installèrent un jour une cuisine ambulante. C’est au son du clairon que la troupe dispersée tous azimuts se rassemblait pour le repas du midi. Ma curiosité légendaire m’obligeait à être présent bien sûr. Je fraternisais donc avec tous ces « convives » forcés et la camaraderie fera le reste… Le repas terminé, la troupe allait reprendre ses positions. Personnellement, j’étais en extase devant tout ce déploiement de troupes devant tous ces jeunes militaires…

A cette époque, je fréquentais l’école du village. Chaque jour de classe, je devais m’y rendre à pied ce qui faisait un aller retour d’environ un kilomètre. Certains jours j’usais de ruse et vu que la route descendait vers l’école (on l’appelait « la Rampe »), je profitais d’un vieux facteur rentrant de sa tournée à bicyclette pour me faire transporter sur le cadre de son vélo. Nous étions ainsi devenus complices et je lui rendais l’ascenseur durant les vacances d’hiver par temps de fortes neiges, en l’aidant à porter des colis de courrier à la poste à 2 kilomètres, ce qui l’allégeait quelque peu dans son déplacement vers le village de Fraiture… J’étais payé un franc pour la peine ! Ce qui me permettait de m’acheter une barre de chocolat comprenant les images (collectionneur que j’étais déjà).

Dans un autre registre, j’étais aussi souvent enfant de chœur à la messe dominicale. A l’époque, l’enseignement était obligatoire jusqu’à 14 ans. Dès mes 14 ans donc, l’instituteur, homme bien intentionné, proposa à mon père de m’inscrire dans une école d’art vu que j’étais doué en dessin. Le paternel, ne faisant pas confiance aux métiers d’artiste ne l’entendit pas de cette oreille et il proposa plutôt de me faire entreprendre des études plus poussées. Il devait se raviser assez vite pour disons des raisons alimentaires et tout fut annulé. Il me restait à m’occuper des travaux secondaires de la ferme, lui-même gardant la maîtrise de tout. Comme je l’ai dit plus tôt j’étais le plus jeune d’une famille nombreuse. Mon père et moi avions 54 ans de différence et l’entente n’était pas parfaite. J’étais bien sûr déçu de sa décision ; mais à l’époque, le respect des décisions parentales était sacré. Dure période à vivre donc dans mon adolescence… Je serai orphelin de mon père à mes 18 ans et je serai émancipé, devenant donc majeur plus tôt que prévu. Je me lancerai par la suite dans des cours de comptabilité par correspondance tout en assumant les travaux à la ferme. Je m’orientais vers un tout autre avenir ; mais cela, c’est une autre histoire…

Il est loin ce temps de mon enfance, mais que de beaux souvenirs…

Joseph Gavroye, juillet 2011

La guerre vue du village

Affaire d'avions en temps de guerre

Cela se passait dans les années 1938/1939 déjà. Certains jours, lorsque le ciel était bien dégagé, on apercevait des traînées blanches dans le ciel à haute altitude. D'aucuns prédisaient un avant-goût de guerre en supposant que ces avions étaient en train de photographier de très haut les objectifs de défenses militaires.

En 1940, dès le printemps, ces signes devenaient de plus en plus nombreux à apercevoir. En mai ce fut la catastrophe et la guerre. Que de formations d'avions bombardiers allemands furent aperçues se dirigeant d'est en ouest vers l'Angleterre. Plus près de nous, des stukas n'hésitaient pas à mitrailler, en piqué, les colonnes des évacués civils mêlées aux troupes en mouvement.

Puis vint la capitulation…

En 1941, légère accalmie du côté du ciel. L'Occident avait en grande partie baissé les armes. C'était l'occupation…

Tout à coup, les Alliés se ressaisissent et à leur tour, ils vont bombarder le Reich. Ils obtiennent la maîtrise de l'air. C'est ainsi que chaque nuit, de nombreuses formations de bombardiers alliés se rendent d'ouest en est cette fois-ci.

Gamin de 13/14 ans à l'époque, j'étais avec quelques compagnons de mon âge. Nous décidions de compter les nombreuses formations de bombardiers qui sillonnaient le ciel. Nous essayions de faire nos comptages. Ce n'était pas simple en restant debout sur nos jambes vacillantes. Un ancien de passage et personnage futé, nous indiqua la façon de nous y prendre pour plus de facilité dans nos calculs. Il suffisait de se coucher sur le dos à même le sol. De cette position, notre corps était plus stable et le comptage plus précis. Certaines formations de ces forteresses volantes pouvaient dépasser la centaine d'appareils sans compter les nombreux avions chasseurs d'escorte.

Tout ce mouvement aérien ne sera pas toujours très commode ni sans risques. En effet, la chasse allemande venait souvent semer le trouble en essayant de barrer la route du ciel aux assaillants aériens d'Outre-Manche. La D.C.A. allemande faisait aussi son boulot. A cause de cela, des bombardiers alliés étaient touchés et bien qu'essayant de regagner leur base de départ en Angleterre, il leur arrivait parfois de devoir s'alléger de leurs bombes éventuelles en cours de route.

C'est de cette façon qu'une nuit, un avion en difficulté lâchera quatre bombes sur le village de Regné. Ces dernières touchèrent de plein fouet l'école communale et ses annexes. Heureusement, c'était la nuit et il n'y eut pas de blessé ni de tué parmi les villageois. Le bâtiment en lui-même sera fort ébranlé et d'une telle manière qu'il ne fut plus habitable. L'avion avait, quant à lui, tout à fait disparu dans la nuit.

D'autre fois, des combats aériens avaient lieu et l'un ou l'autre appareil était abattu dans la bagarre. C'est ainsi qu'un jour un chasseur allemand tomba en pleine campagne entre Regné et Bihain (au lieu-dit « Fleuri »). L'appareil ayant piqué du nez, il s'enfonça dans le sol en créant un véritable cratère. C'était une « curiosité » et les enfants des écoles primaires des villages environnants, accompagnés de leurs maîtres, venaient à tour de rôle examiner l'impact.

Dans le fond du trou ainsi creusé on apercevait un peu de fumée. Le pilote s'était éjecté avant la chute de l'appareil et il sera retrouvé mort à quelques mètres de la chute. « L'occupant » exigera de la commune de prévoir une garderie de l'endroit en désignant des civils pour ce faire.

L'accident ayant eu lieu un vendredi après-midi, ce ne fut que le dimanche, dans la matinée, qu'une explosion eut lieu. Un feu couvait dans les débris de l'appareil entrés dans le sol et des parties de ceux-ci s'éparpillèrent dans les alentours.

Au même moment, un orage venait d'éclater et les « gardes » étaient allés se protéger de la pluie dans un hangar situé à quelques mètres. Les braves l'avaient échappé belle. Que dire si la chose était arrivée lors de la visite des enfants des écoles ? Le feu avait sans doute rejoint les réservoirs de kérosène ou la soute à munitions. Peut-être aussi la foudre pendant l'orage ?? Heureusement, on ne compta ni blessé ni tué.

Un autre jour, des combats aériens se déroulaient dans la région de Verleumont et deux jeunes filles travaillant aux champs furent tuées dans la mitraillade.

D'autres avions chuteront pendant cette période de guerre dans un certain rayon tel que : une forteresse volante à Ottré, une à Arbrefontaine, une autre à la Baraque de Fraiture « près de la future piste de skis ». Les débris d'un avion de chasse U.S. seront découverts dans le Bois de Groumont entre les moulins de Regné et d'Ecdoval (Lierneux). Pendant l'hiver, un chasseur allemand piloté par un major chutera à Petites-Tailles dans les bois situés à l'orée de la route de Houffalize. Il sera découvert par des autochtones passant par là tout en dégageant la neige de la route à l'aide d'un chasse-neige en V tiré par des chevaux. Ces passants apercevant l'appareil tombé dans une partie faiblement boisée, ils voulaient se rendre compte de ce qu'il s'était passé. Ils découvrirent dans la carlingue le pilote blessé et ils arrivèrent à le dégager et de lui permettre de recevoir des soins. Ce dernier leur sera reconnaissant pour leur acte de bravoure.

C'était la guerre venant des airs. Que d'autres épaves d'avions seront encore découvertes dans bien d'autres lieux.

En Allemagne même c'était l'enfer à cause des bombardements incessants des Alliés. C'était bien là le revers de la médaille de 1940. Souvent la nuit, en période estivale, fenêtres des chambres ouvertes, on entendait passer ces formations de forteresses volantes dont les moteurs surpuissants grondaient pendant de longues minutes. Après quelques temps, on percevait le « tonnerre » des bombardements effectués dans les endroits les plus rapprochés de la frontière. Il fallait donc trouver un de ces systèmes pour mettre fin à cette maudite guerre.

J'en termine ainsi mon histoire concernant cette aviation des années 1938… à 1945.

P.S. Fin de la guerre, les Allemands lancèrent des bombes volantes V1 et V2. Personnellement, je vis une de celles-ci tomber vers Banneux-Lierneux en plein jour. Un bruit infernal de moteur se fit entendre dans le ciel. Tout à coup, le bruit s'arrêta et j'aperçus l'engin qui, n'étant plus propulsé, eut tendance à faire demi-tour et il chuta vers le sol où il explosa dans une gerbe de feu éblouissante. Il n'y eut pas de victimes.

Joseph Gavroye, avril 2008

Chute d'un bombardier américain
Villageois sur le site du crash d'un bombardier américain, hiver 1943-1944

Ah, ce sacré copain d'Alix Backus !! A cause de ses derniers articles, il rouvre mon esprit à cette triste période de guerre. Eh oui, je me rappelle aussi de la chute d'un avion US dans les environs d'Arbrefontaine…

En effet, j'avais 14 ans à l'époque. C'était durant l'hiver 1943/1944. Grand garçon déjà, j'avais été admis par le cantonnier des Ponts et chaussées pour aider à dégager la neige à la pelle avec un groupe de villageois entre Regné et la Baraque de Fraiture. Que de congères à cette époque et une vieille sorcière (traîneau en V) tirée par de robustes chevaux de labour.

Notre travail consistait à redresser des tas de neige qui s'étaient amoncelés par le vent du nord à certains endroits critiques. Nous nous trouvions à quatre « trappeurs », un jour après-midi, occupés à cette besogne. Il avait gelé très fort. Il y avait un beau soleil et un vent faible était ressenti. Il faisait même assez calme.

Tout à coup, un bombardier américain quadrimoteurs vint nous survolant à basse altitude. Nous l'observions et il tournait en rond tout en perdant de l'altitude. Il fit deux ou trois passages dans ces conditions avant d'aller s'abattre, comme déjà dit, dans les environs d'Arbrefontaine. Entre nous, nous émettions quelques commentaires, tels que : que sont devenus les membres d'équipage ?… De toute façon, nous ne pouvions pas intervenir vu l'éloignement du lieu de la chute de ce gros oiseau métallique.

Nous reprenions alors notre travail dans le calme revenu. Quelques minutes plus tard, nous voyons arriver, en provenance de la Baraque de Fraiture, une petite voiture (kübelwagen), transportant quatre soldats allemands. Ces derniers étaient équipés de lunettes d'approche et possédaient des cartes géographiques.

Eux aussi avaient repéré la chute de l'avion U.S. et ils nous demandèrent la route pour se rendre sur le lieu de l'impact. L'aîné d'entre nous, qui avait fait la campagne des 18 jours en mai 1940 (rentré blessé), répondit à nos interlocuteurs. Il leur renseigna le chemin le plus court par Lierneux via les Longs Sarts. Sachant que cette route était fermée pour cause des chutes abondantes de neige, un de nous, plus jeune, voulut faire remarquer la chose mais notre aîné, en question, nous fit des yeux noirs. Nous avions compris l'astuce.

Les Schleus nous remercièrent en nous saluant et ils continuèrent leur route…

De l'endroit où nous nous trouvions, nous avions une vue de +/- 2 kilomètres à vol d'oiseau, vers la route des Longs Sarts et nous pouvions apercevoir la petite voiture allemande bloquée dans les neiges. Notre ancien nous expliqua la raison pour laquelle il avait, volontairement, mal renseigné les intrus. De cette façon, il avait ainsi empêché l'arrivée des allemands auprès de l'avion U.S., laissant le temps aux aviateurs éventuels de se sauver. Le brave, il possédait l'expérience de la guerre. C'était gagné pour nos amis les Alliés.

Qu'étaient-ils devenus ??? Voir peut-être le récit d'Alix Backus dans « Le Casque ».

Joseph Gavroye

Notre première libération en 1944

C'est le 10 septembre que nous serons libérés de l'occupant allemand. Les Germains reculaient vers leur mère patrie. Ils espéraient pouvoir se regrouper pour la défendre. Des accrochages auront lieu par endroits avec le maquis local.

Pour ma part, j'allais avoir 15 ans en novembre et j'avais pour ainsi dire fini ma croissance (1m70). C'était un dimanche matin. Quelques rares tanks allemands étaient en retraite vers l'Est. La mine de leurs occupants n'était pas rassurante. Il valait mieux ne pas trop se montrer.

Un voisin (*), un peu plus âgé que moi avait été réfractaire au travail en Allemagne pendant l'occupation et il avait pris le maquis. Sur le conseil mutuel de nos parents, nous irons tous les deux nous cacher dans un abri créé par le père de mon comparse qui était maçon de profession. Nous gagnerons ainsi une ancienne carrière désaffectée laquelle était en surplomb de la route nationale et du village de Regné. Nous y resterons tapis dès le matin jusqu'à vers 16 heures. Des obus venaient de temps à autre éclater dans les parages.

En ce qui nous concernait nous étions bien protégés dans notre repère. Après des heures d'attente, dans un certain silence, nous entendîmes un bruit continu de moteurs en provenance de l'Ouest. Nous tendîmes l'oreille quand tout à coup nous perçûmes des cris de « vive les alliés » venant du village en contre-bas de notre cachette. L'avant-garde U.S. était bel et bien arrivée. De notre côté, nous restâmes dans notre refuge. Puis des cris rapprochés se firent entendre dans notre voisinage. Deux de mes sœurs vinrent nous héler pour nous avertir de la bonne nouvelle. Toutefois nous restions sur nos gardes avant de nous montrer. Avant de sortir, le copain désira enfiler sa combinaison de maquisard pour se présenter aux libérateurs. A peine avions-nous marché quelques pas dans un chemin creux, que nous aperçûmes deux militaires à faible distance. Ils portaient un genre de casque que nous ne connaissions pas. De peur de nous retrouver en face de deux Allemands, nous nous dissimulâmes en hâte dans un buisson avec l'intention, pour mon voisin, d'enlever au plus vite la fameuse salopette précitée. Ce ne sera pas une sinécure, vu l'étroitesse des lieux. Nous y resterons coincés un certain laps de temps. Ne nous voyant pas arriver, mes sœurs revinrent à notre recherche et nous leur signalâmes notre cachette improvisée. Elles nous rassurèrent en nous précisant qu'il s'agissait de deux éclaireurs U.S. Elles nous invitèrent à les accompagner et nous serons mêlés aux alliés sortant de partout. Ce qui devait m'impressionner ce sont les jeeps tous terrains.

Bien plus tard, à l'âge de 75 ans, j'aurai l'occasion de piloter enfin cet engin pendant un court temps. J'étais comblé.

A peine rentrés au domicile, des tirs en provenance de l'Est se feront entendre. Immédiatement des tanks U.S. ripostèrent ce qui ne devait durer que quelques minutes. Une ligne de front sera établie par les troupes U.S. à Regné pour la nuit. Que de trous d'hommes seront creusés tous azimuts. Quel déferlement de troupes alliées. Nous étions « en principe » libérés et on passa une nuit blanche en compagnie de certains de ces libérateurs. Le lendemain matin, toute cette armada militaire se remit en route vers la Germanie. Tout le monde croyait que c'en était fini de cette occupation. Hélas, pour les Ardennais, tout sera remis en cause trois mois plus tard par « l'offensive dite Von Rundstedt ». Ce fut une véritable catastrophe, mais c'est une autre histoire.

(*) François Michel

Joseph Gavroye

Seconde libération en janvier 1945

Le comportement des G.I's Américains n'était plus du tout le même que lors de notre première libération en septembre 1944. Cette fois-ci, ils devaient combattre pour récupérer, mètre par mètre, le terrain qu'ils avaient abandonné à Noël. En plus, ils avaient froid. Des chutes de neige abondantes n'arrangeaient pas leur avance. Il faut dire aussi que la plupart d'entre eux avaient une allure redoutable. Parfois ils étaient méchants envers la population déjà éprouvée par les événements qu'elle venait de subir. La mentalité des Yankees avait donc bien changé. Ils prenaient, par exemple, un malin plaisir à briser les quelques meubles encore existants afin d'alimenter au plus vite leurs feux de bivouac. Par contre, il leur arrivait aussi d'aider les malheureux civils rescapés en leur procurant des victuailles de leurs surplus tels pain, cacao, soupe militaire… etc.

Après de rudes combats, la Belgique sera enfin libérée entièrement fin janvier 1945. Mais l'affaire avait été calculée avec cette funeste Offensive dite « Von Rundstedt », bataille du saillant comme elle était appelée par les Américains. Les troupes allemandes et leur matériel avaient été décimés. La porte pour rentrer en Allemagne était maintenant grande ouverte pour gagner le Rhin. Le fameux « risque calculé », prévu en septembre 1944, avait porté ses fruits. Pour y arriver, tout le monde, aussi bien les belligérants que les civils, avaient dû en payer le prix.

Enfin, le 8 mai 1945, la reddition sans condition des armées du 3° Reich, mettait un terme à cette guerre. La paix était revenue en Europe pour longtemps. Au fil des jours, les prisonniers de guerre seront rapatriés et les camps de concentration seront ouverts. Hélas, certains ne retrouveront pas leur famille au complet. Que de victimes avaient perdu la vie entretemps.

Après des années de réflexion, je voudrais apporter mon propre sentiment. Toute cette misère occasionnée à des civils innocents était due aux décisions prises par les Grands Stratèges Militaires. Les Ardennais furent bel et bien sacrifiés. En Belgique, le gouvernement n'aura guère de réaction à cet état de fait. L'Ardenne, région pauvre et peu peuplée, sera négligée. Priorité sera donnée au retour des diamantaires à Anvers, ceux-ci menaçaient de se délocaliser vers d'autres pays. En plus, à Bruxelles, était venu le temps de mettre sur pied certains décrets (la sécurité sociale et autres). Toutefois, après coup, et vu le désastre provoqué par cette offensive, il faudra prévoir « les dommages de guerre ». Ces derniers tarderont à se concrétiser. Mes parents, par exemple, ne seront indemnisés qu'en 1957, soit douze années plus tard. En laissant revenir les troupes teutonnes, des massacres seront perpétrés par vengeance dans certains endroits (v. Bande et dans d'autres lieux). L'ennemi était en possession de listes de résistants qui les avaient accrochés lors de la retraite de septembre 1944. Des troupes avaient été formées à cet effet. Par contre, en Alsace, les Alliés se proposaient d'y abandonner du terrain. Mais là, De Gaulle s'y opposa farouchement. Après de sérieuses entrevues, la manœuvre sera évitée. La France veillait au grain, on ne faisait pas n'importe quoi.

Que conclure de tout cela. Un de mes amis ayant pu consulter des archives militaires aux U.S.A, a découvert les écrits du Général Bradley concernant la Grande Bataille d'Europe où il reprend certaines de ces décisions : « Le risque calculé qui fut le mien, je n'ai jamais regretté de l'avoir pris ».

Il fallait mettre fin à la guerre au plus vite pour retrouver la paix. Il y avait aussi peut-être là une occasion de gagner une étoile en plus. Pourquoi pas ?

Personnellement, cette triste « Offensive des Ardennes », que j'aurai subie comme tant d'autres, m'aura traumatisé jusqu'à la fin de ma vie.

J'avais 15 ans à cette époque.

Joseph Gavroye

Joseph Gavroye, de zanger van Regné

Joseph Gavroye, een kind van Regné (zie sectie bijnamen: « A mon T'chophile ») was geen voorzanger van de kerk van Regné. Deze bijnaam werd hem toegekend als erkenning voor alles wat hij geschreven heeft over de Hoge Ardennen van zijn tijd en in het bijzonder tijdens de laatste wereldoorlog.

Hoewel hij de « Zanger van de Ardennen » werd genoemd, was hij vooral de « Zanger van Regné », zo erg hield hij van zijn dorp en zoveel heeft hij geschreven over zijn dorp en over de Ardennen. Hij is de auteur van talrijke boeken, persknipsels, documenten en andere herinneringen die hij publiceerde of die hij eenvoudigweg schreef voor zijn familie of vrienden.

Joseph heeft ons helaas verlaten eind 2016. Joseph had de verdienste zeer productief te zijn over zijn regio en zijn geheugen liet hem niet in de steek wat betreft de duizend-en-een anekdotes die zijn leven hebben gekenmerkt. Wij reproduceren enkele fragmenten op deze pagina's.

Victor Denis, Joseph Gavroye en Gaston Laurent — de vrienden van toen
Victor Denis, Joseph Gavroye (in het midden) en Gaston Laurent — de vrienden van toen. Deze drie zijn vrienden gebleven tot het einde : elk jaar kwamen ze samen met hun echtgenotes voor hun traditionele « reünie ».
Joseph Gavroye voor het fortijn van de Fagnes
Joseph Gavroye voor het fortijn van de Fagnes (25 augustus 2010)

Joseph Gavroye, the Cantor of Regné

Joseph Gavroye, a child of Regné (see the sobriquets section: “A mon T'chophile”) was not actually a cantor of the church of Regné. This nickname was given to him in recognition of everything he wrote about the High Ardennes of his time and particularly during the Second World War.

While he was nicknamed the “Cantor of the Ardennes”, he was above all the “Cantor of Regné”, so much did he love his village and so much did he write about it and about the Ardennes. He authored numerous books, press extracts, papers and other memories that he published or simply wrote for his family and friends.

Joseph sadly left us at the end of 2016. Joseph had the merit of being very prolific about his region and his memory never failed him when it came to the thousand and one anecdotes that marked his life. We reproduce some excerpts in these pages.

Victor Denis, Joseph Gavroye and Gaston Laurent — friends of old
Victor Denis, Joseph Gavroye (centre) and Gaston Laurent — friends of old. These three remained close until the very end, gathering every year with their wives for their annual reunion.
Joseph Gavroye at the Fagnes blockhouse
Joseph Gavroye at the Fagnes blockhouse (25 August 2010)

Joseph Gavroye, der Kantor von Regné

Joseph Gavroye, ein Kind von Regné (siehe den Abschnitt Spitznamen: „A mon T'chophile“) war nicht eigentlich ein Kantor der Kirche von Regné. Dieser Spitzname wurde ihm als Anerkennung für alles verliehen, was er über die Hochardennen seiner Zeit und insbesondere während des Zweiten Weltkriegs geschrieben hat.

Obwohl er den Spitznamen „Kantor der Ardennen“ trug, war er vor allem der „Kantor von Regné“, so sehr liebte er sein Dorf und so viel schrieb er darüber und über die Ardennen. Er verfasste zahlreiche Bücher, Presseartikel, Aufsätze und andere Erinnerungen, die er veröffentlichte oder schlicht für seine Familie und Freunde niederschrieb.

Joseph hat uns leider Ende 2016 verlassen. Joseph hatte das Verdienst, über seine Region sehr produktiv zu sein, und sein Gedächtnis ließ ihn nicht im Stich, wenn es um die tausend und eine Anekdote ging, die sein Leben geprägt hatte. Wir geben einige Auszüge auf diesen Seiten wieder.

Victor Denis, Joseph Gavroye und Gaston Laurent — die Freunde von damals
Victor Denis, Joseph Gavroye (Mitte) und Gaston Laurent — die Freunde von damals. Diese drei blieben bis zuletzt eng verbunden und trafen sich jedes Jahr mit ihren Frauen zu ihrem traditionellen Jahrestreffen.
Joseph Gavroye vor dem Bunker der Fagnes
Joseph Gavroye vor dem Bunker der Fagnes (25. August 2010)